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La quête spirituelle

La Kumbamela

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"... le saddhu et le yogi sont des mystiques professionnels ayant choisi la voie de l'ascétisme et du yoga afin d'atteindre la "lumière intérieure", la libération des choses terrestres et la connaissance de l'Absolu. Diverses méthodes comme l'abstinence sexuelle, le renoncement aux plaisirs des sens, la méditation, la mortification et l'austérité, sont utilisées pour parvenir à cet état..."

L'Inde, idées reçues - Le Cavalier Bleu, 2006

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La quête spirituelle

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Depuis que les Beatles ont eu la bonne idée de s’établir à Rishikesh pour y suivre des cours de yoga, pour beaucoup, l’Inde est devenue synonyme de quête spirituelle.

La quête spirituelle prend diverses formes qu’elle soit individuelle ou collective…

Un grand nombre d’Indiens (entre 4 et 5 millions, dont 90 % d'hommes) ont ainsi décidé de rompre avec toutes leurs attaches familiales et sociales afin de vivre pleinement leurs quêtes spirituelles. Ce sont les saddhus, les yogis et autres sanyasi, ceux qui parcourent les routes de l’Inde en essayant d’atteindre l’Éveil (Samadhi). Ils mènent une vie austère et ascétique, ne possédant en général qu’un récipient où ils reçoivent leurs aumônes, une couverture, un pagne, une petite besace où ils rangent de quoi faire un peu de cuisine et leurs rares objets personnels et sacrés, des sandales (pas tous) et un trident, symbole de Shiva. Ils ne se coupent pas les cheveux (ni ne les lavent d’ailleurs !) et les conserve précieusement attachés ou cachés sous leurs chapeaux (turbans). Certains ont même renoncé à tout et vivent nus dans les forêts, le corps couvert de cendres… On en croise parfois dans la rue…

 

Varanasi (Utter Pradesh)

Varanasi (U.P.)

Varanasi (U.P.)

Varanasi (U.P.)

Mais attention, la plupart de ceux que l’on rencontre dans la rue et qui nous abordent d’un grand sourire n’ont de saddhu que l’habit !… S’ils portent des vêtements oranges ou rouges, c’est uniquement pour ne pas payer le train ou pour amadouer plus facilement les touristes ! Dans l’Himachal Pradesh, dans les villes touristiques de Manali et Mc Leod Ganj, les quelques saddhus que j’ai rencontrés et avec qui j’ai pu échanger quelques mots ne me semblaient cependant intéressés que par une seule chose : le charras ! Voire mes dollars !

A Pushkar, lieu saint, il est également rare d’en voir de vrai, tant les mendiants déguisés sont légions. Leurs chemises orange fraîchement repassées et leurs maquillages un peu trop théâtral ! Ce sont eux-mêmes qui nous font signe de venir les photographier… moyennant quelques roupies…

Il doit cependant y en avoir des authentiques…

 

Manali (Himachal Pradesh)

Haridwar (Uttaranchal)

Haridwar (Uttaranchal)

Haridwar (Uttaranchal)

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Ainsi, à la gare routière de Dharamsala, j’ai croisé un saddhu qui se tenait avec le bras en l’air. En me rapprochant, j’ai pu constater que les ongles de sa main levée étaient considérablement longs et recourbés dans tous les sens. Un européen le suivait comme son ombre, sans doute depuis de nombreuses années, à en juger par la taille de sa barbe, et portait ses affaires.

J’avais déjà vu, à la télé en France, des saddhus faire des exercices de force avec leurs sexes, rouler sur eux-mêmes pendant des milliers de kilomètres, ou bien rester accrocher à un arbre pendant des années…

Pour ma part, je serai tenter de croire à de la mystification… Quand spiritualité rime avec imbécillité…

Le véritable saddhu a renoncé à tout : famille, caste, possession matériel, pouvoir… Il mène une vie ascétique et solitaire en quête de se faire absorber dans le Grand Tout ! L’Essence Universelle ! La Déesse Mère !… Dieu ?

Varanasi... La Cité des saddhus...

 

Rishikesh (Uttaranchal)

Rishikesh (Uttaranchal)

Delhi

Pushkar (Rajasthan)

Hors-castes, les saddhus sont libres de se lier avec qui ils veulent ou de s’établir où bon leur semble. Mais les saddhus préfèrent généralement le voyage de villes saintes en lieux sacrés et ils sont tous adeptes des pèlerinages importants. Ils sont également réputés pour leur dextérité dans le domaine des arts (musique, peinture, sculpture…) et seraient à l’origine du développement de la culture et des arts dans tout le sous-continent.

Jodpur (Raj.)

Varanasi (Uttar Pradesh)

Varanasi (Uttar Pradesh)

Varanasi (Uttar Pradesh)

Vêtus d’un simple pagne, voire même entièrement nus, les saddhus se couvrent le corps de symboles colorés et de cendres. Les symboles représentent les diverses sectes dont ils dépendent et la cendre symbolise le renoncement suprême. Tous sont également marqués entre les deux yeux, à l’emplacement du troisième œil, symbolisant leurs quêtes de l’Absolu. Il existe des centaines de sectes distinctes. Il y a les saddhus qui vénèrent Shiva, ceux qui vénèrent la forme féminine de Shiva, Shakti, ceux qui vénèrent Shiva et Parvati, ceux qui vénèrent Vishnu, ceux qui vénèrent Surya, Ganesh, Rama et Krishna (Vishnu) avec ou sans leurs compagnes, Sita et Radha… Impossible de s’y retrouver. Et tous se réunissent pour communier ensemble à l’occasion des « mela », fêtes traditionnelles qui se déroulent régulièrement dans certains lieux saints.

Parmi les saddhus, les nagas saddhus, des guerriers farouches, qui forment une catégorie un peu particulière. Ce sont ceux qui ont décidé de vivre nu et de s'adonner à des exercice"s extrêmes. Ils sont les plus fondamentalistes des saddhus.

 

 

 

 

 

 

Un naga sadhu bénit les pèlerins...

Varanasi (Uttar pradesh)

On trouve un peu partout en Inde des écoles de méditation, de yoga ou de philosophies orientales… Pour celui qui s’y intéresse, cela peut aller de cours hebdomadaire ou quotidien d’une heure, à l’immersion totale dans un univers monastique pendant une période minimale de 12 jours… A Haridwar, ville sainte, on dénombre pas moins de 250 ashrams dont la plupart imposent des règles jugées trop strictes par les occidentaux et qui préfèrent se rendre à la célèbre Rishikesh, distante d’une trentaine de kilomètres.

Quête spirituelle...

... solitaire...

... ou collective ?

D’autres ont également choisi l’isolement total pour se consacrer pleinement à la prière et à la méditation. J’ai ainsi rencontré des moines bouddhistes au-dessus de Rewalsar qui calquaient leurs vies sur celle de Padmasambhava, un ascète qui serait resté méditer pendant 7 ans dans des grottes avant d’aller prêcher le bouddhisme au Tibet. Ils vivent dans des cellules minuscules de quelques mètres carrés, isolées sur une montagne. L’un d’eux m’a cordialement invité chez lui… Alors qu’il me préparait du thé, accompagné de biscuits, il ne cessait de psalmodier des prières. Des « Om Mane Padme Um »… Dans sa modeste cellule se trouvaient sa couchette, ses vêtements, sa cuisine (ustensiles, réchauds et denrées), son autel de prière personnel et tous ses souvenirs et autres possessions. Il a fallu faire un peu de place (entasser un peu plus de choses) pour que je puisse m’asseoir.

S’exclure du monde ? Y participer encore plus pleinement ? A chacun de voir… Toujours est-il que l’Inde est une terre qui a toujours encouragé le renoncement, le jeûne, l’ascétisme, l’austérité et le détachement des biens et plaisirs de ce monde… Même si d’autres voies, tel le tantrisme, prônent une philosophie inverse, toujours dans le but d’atteindre l’Illumination et d’échapper au cycle des naissances et des morts.

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La Kumba Mela

(Texte d'après un commentaire d'un documentaire diffusé sur Arte récemment)

LE RENDEZ-VOUS SACRÉ DES SADDHUS

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Rencontre avec les saddhus, les hommes saints de l'hindouisme, à l'occasion du plus important rassemblement religieux au monde : la kumba Mela d'Allahabad, dans le nord de l'Inde, un rendez-vous honoré par quelque quatre-vingt dix millions de pèlerins.

Allahabad, l'une des quatre villes saintes que compte l'Inde, toutes situées dans le nord du pays, au bord du Gange ou de ses affluents. Selon la légende, c'est ici que dieux et démons ont laissé tomber, au cours de la dispute qui les opposait pour la possession de l'élixir de l'éternité, les quatre gouttes du précieux nectar qui ont donné naissance aux cités sacrées.

Chacune d'entre elles accueille des rassemblements religieux - les Kumba Melas -, mais celui d'Allahabad, qui dure plusieurs semaines, demeure le rendez-vous incontournable pour des millions de croyants qui économisent parfois des années durant afin de pouvoir y assister.

Car pour les nombreux pèlerins venus des quatre coins du sous-continent indien, la fête est non seulement l'occasion de se purifier dans les eaux du fleuve sacré, mais aussi de rencontrer les saddhus et de recevoir leur bénédiction.

Très vénérés par la population, les hommes saints de l'hindouisme, dont la vie est entièrement tournée vers l'union avec Dieu, se réunissent uniquement au moment de la grande kumba Mela. Répartis entre une vingtaine de confréries, ils ne sont pas toujours faciles à distinguer. Les différences, parfois minimes, tiennent à la couleur de leur robe ou à la longueur des cheveux. Certains vivent retirés du monde dans des ermitages de montagne, d'autres parcourent sans cesse les routes de l'Inde...

Jouissant d'une très grande liberté, l'une de leurs premières règles, ces hommes n'ont, en fait, en commun que d'avoir un jour abandonné les préoccupations du monde ordinaire. Un abandon pouvant atteindre le dénuement le plus total. C'est le cas des hommes nus, les Naga, qui constituent l'élite des saddhus.

La cendre recouvrant leur corps symbolise leur détachement des biens terrestres et leur indifférence à la mort. Saints parmi les saints, ils mènent toujours le cortège vers les eaux purificatrices du Gange où, après eux et les autres saddhus, se baignent les millions de croyants à qui ils servent d'exemple sur le chemin de la perfection.


L'origine des Naga remonte aux invasions musulmanes du XVIIe siècle. Pour contrer la propagation de l'islam sur leur territoire, les rois hindous décident de constituer des armées saintes. Ces guerriers de l'hindouisme, capables d'accomplir des exploits extraordinaires, grâce au yoga, sont encore aujourd'hui formés à la pratique des arts martiaux. Ils détiennent un réel pouvoir religieux et politique en Inde.

Beatriz Loiseau

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En savoir plus sur...

les saddhus :

http://www.asianart.com/exhibitions/dbrown/index.html#9

(Des photos de la Kumba Mela de Allahabad en 2001)

 

http://www.adolphus.nl/sadhus

(Des photos... Des textes... Très bien !... Mais en anglais...)

 

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